Dans le quotidien Le Soleil d'ajourd'hui, 22 avril 2006, en page A29 on peut lire un article sombre: «La violence pousse des enseignants à l'abandon».

Une question: combien d'enseignants ont abandonné sans démissionner? Je ne le cacherai pas, je crois qu'il est de plus en plus difficile d'enseigner, et pas seulement à cause de la violence, de la démotivation des élèves, des problèmes d'apprentissage, de la démotivation des collègues, du manque de ressources, du surnombre d'élèves par classe, de l'incompréhension du renouveau pédgogique... mais aussi parce qu'il faut continuellement se mettre à jour. Fini les carrières de 35 ans sans formation continue. Je sais, cette phrase est une peu violente, mais j'ai bien peur que ce soit vrai.

Je n'arrive pas encore à saisir pourquoi certains (je n'ose pas mettre de % ici) enseignants ne veulent pas apprendre? Et ne me chantez pas la pomme en me disant que c'est parce qu'on ne leur donne pas les moyens de le faire. Si un prof attend que son employeur lui paie des journées de suppléances, lui donne une augmentation de salaire, ou tout autre privilège par ce qu'il va se former «sérieurement», il va attendre longtemps. M. Charest y voit. Il faudrait donc le faire pour soi, pour s'améliorer, pour être plus en mesure d'allumer la petite lumière dans les yeux de ses élèves, pour augmenter le nombre de stratégies/techniques utiles pour la gestion de classe, etc. Pour soi c'est bien meilleur. Malheureusement on dirait que ça doit venir de l'extérieur, des autres. Ça ne vous fait pas penser à ces élèves qu'on considèrent comme difficiles?

De plus, se mettre à jour implique d'avoir une bonne idée de ses forces et défis (c'est plus positif défis que faiblesses ;o)). Ho! Vous me voyez venir? On parle donc d'évaluation. Gros mot n'est-ce pas? S'il y a un tabou dans ma profession c'est bien celui d'évaluer des profs. À cette seule idée, les frissons parcours le dos de plusieurs d'entre nous, n'est-ce pas?

Bon... ok... où m'en vais-je? Vers une petite question: remarquez-vous aussi qu'un écart se creuse entre les profs? Ceux qui avancent et ceux qui sont arrêtés?