Brown, Dan

Deception Point

Driiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnngggggggggggg.

Rachel Sexton se leva du lit sur lequel elle était blottit dans les bras de Michael Tolland.

-Allo.

-Mme Sexton SVP. Demandais-je avec le sérieux qu'on me connait.

-Oui, c'est moi.

-Bonsoir madame. Comment se porte M. Tolland?

-Mais qui êtes-vous?

Répond Rachel tout en cherchant l'afficheur.

-Peu importe, l'important est ce que j'ai à vous dire. Vous venez de vivre des événements plutôt étranges n'est-ce pas?

Rachel trouvait la réponse un peu clichée. Mais curieuse elle continua la conversation.

-Euh, c'est le moins que l'on puisse dire.

L'homme au bout du fil semblait calme, assez jeune, et bien informé. Trop bien d'ailleurs quand il continua:

-Vous avez parcouru des milliers de kilomètres dans des moyens de transport peu conventionnels. Je vous ai trouvé un peu insouciante, partir sans brosse à dent quand même! Un peu comme notre ami Jack Bauer vous n'avez même pas pris le temps de manger ou encore d'aller au petit coin. Faut le faire.

-Mais c'était un cas de for...

-Ouais ouais - coupa l'homme - force majeur. Il est là le problème, en quoi fallait-il être si rapide à faire cette annonce par le président dites-moi?

-Sa campagne n'allait pas bien et ...

Rachel fit coupé encore une fois. Bien impoli cet homme pensa-t-elle.

-Et il a voulu faire valider des informations trop rapidement, en science on doit prendre notre temps si on veut bien faire les choses. Votre futur amant pourrait vous le dire Mme Sexton.

Un frisson parcouru le dos de Rachel en écoutant cette dernière phrase. Comment pouvait-il savoir que je suis dans la chambre de Michael. Elle examina la pièce pour trouver des caméras.

-Parlons de votre père, continue l'inconnu, un sénateur rusé, doué d'une intelligence politique suffisante pour déjouer des problèmes de couchette, qui se fait avoir d'une manière si simpliste que même ma fille aurait deviné qu'il se passait quelque chose. Ou sinon, elle aurait pris ses précautions compte tenu de l'enjeu.

Rachel eu un haut le coeur en repensant à ce que son père lui avait fait.

-Il était trop excité par ce qui l'attendait pour flairer le piège.

Répliqua Rachel en se disant qu'en effet, son père fut facilement «bernable».

-Ouais, un politicien qui perd la tête, c'est plausible... Mais un scientifique de renom comme M. Corky ne peut pas être aussi fermé sur de nouvelles hypothèses.

-Mais comment savez-vous tout ça? Et qui êtes-vous? Cria presque Rachel.

Je vous ai observé lors de votre aventure Mme, et je ne suis pas le seul.

-Quoi?

-En passant, la prochaine fois que vous êtes prise en chasse par une équipe d'élite de votre gouvernement, arrêter d'utiliser votre téléphone cellulaire ou encore de vous rendre sur un bateau en hélicoptère. Ce n'est pas très intelligent pour une personne travaillant pour une agence de renseignement comme le NRO.

Rachel savait très bien que l'homme avait raison.

-Il fallait avoir une réponse sur ces foutues chondres.

Osa dire Rachel à cette personne dérangeante en cette soirée prometteuse.

-Et cette réponse pouvait se trouver dans beaucoup d'autres laboratoires plus sécuritaire que le Goya.

Bon, assez pour les critiques de vos choix. Enchaina l'interlocuteur. J'ai vraiment trouvé votre deuxième partie de journée palpitante. On pourrait sûrement faire un film sur votre aventure Mme Sexton.

Rachel, un peu surprise de la tournure de la conversation et réponda en souriant:

-Vous croyez? Moi non. Ces renseignements sont «Top Secret».

-Mais non, trop de personnes sont au courant de ce qui s'est passé. Il y aura sûrement des fuites. D'ailleurs, quand des journalistes, amies ou non, sont au courant, tout le monde le sait.

Une petite question, vous avez vraiment cru que la NASA disait vrai à propos de cette bestiole? Quand même!

-Assez! Je raccroche. Bonsoir monsieur.

Rachel décolla le combiné de son oreille, mais elle entendit quand même cette dernière phrase de ce cowboy.

-Mme Sexton, avant de terminer cet entretien, un dernier conseil pour le président. Faire confiance est une chose importante. Mais le faire aveuglément c'est dangereux. Surtout pour le POTUS.

Deception Point, Dan Brown, JC Lattès, 2001, 573 pages.