Hier soir, en zappant entre les mauvais jeux du Canadiens, j'ai entendu un comédien québécois dire:

L'école doit filtrer la vie, les jeunes ne devraient pas avoir accès à un ordinateur car il y a des choses très mal qui sont accessibles sur Internet.

Bon, ce n'est pas le verbatim, ma mémoire n'est pas très bonne, mais disons que c'est ce que j'en ai compris.

Ho! De quoi ça parle? Un débat sur «Est-ce que les technologies abrutissent les jeunes?» Hi! Toute une question (relier 3 concepts comme les jeunes, l'abrutissement et les TIC est selon moi aussi tordu que d'essayer de relier intelligence, vieux et passer à la tivi). Et là je me demande en quoi ce comédien est sur le panel? Mais bon...

Donc, selon lui, il faut faire de l'école un lieu où les jeunes sont isolés des côtés noirs de la société, de la vraie vie quoi, avec ses qualités et ses défauts. J'ai été un peu ébranlé par la vision, mais je me suis posé une question: quel % de la société pense comme lui? Quel % des enseignants pense comme lui?

Je ne suis pas de ceux-là. Pour moi, une école qui «interdit» au lieu d'éduquer passe au côté de sa mission. Car une école ne peut pas faire semblant que l'Internet (avec son bon comme son mauvais), la violence, les abus, la sexualité chez les jeunes, la malbouffe, la drogue, les Têtes à claques... n'existent pas en isolant (créant un monde artificiel) les jeunes de la société. L'école doit préparer les jeunes à «dealer» avec le côté obscur de la force, et pour ce faire ces côtés obscurs doivent au moins être nommées/discutés/analysés... Enfin, c'est ma petite vision de parent et d'enseignant.

J'ai manqué un bon bout du débat (le Canadiens remonte), mais l'animateur de Méchant contraste a très bien défendu mon honneur ;o) Car je suis un de ces abrutis (avec un cerveau en jello selon une des participantes) qui a joué à des jeux vidéo, qui a écouter de la musique heavy metal, qui a écouté la tivi rempli de violence, qui utilise Internet depuis 10 ans, qui... intègre les TIC dans sa vie quoi!

Finalement, je me suis rendu compte que pour moi un site web est autant réel (bien que dans la «virtualité») qu'un livre.