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Évaluation de mes attentes

Mon billet L'arbre qui cache la fôret était un cri du coeur pour qu'on arrête de croire que nos élèves ne pourraient pas intégrer les TIC dans leur apprentissage ou encore apprendre en faisant (au lieu d'écouter leur enseignant leur dire comment faire).

Il y a une belle discussion chez Patrick à propos du principe «les bottines suivent-elles les babinnes?» et des modèles que nous sommes les TICeux de ce monde.

Ensuite Gilles nous explique qu'il comprend maintenant que l'école ne changera pas, mais peut être bien que certains humains vivants à l'école le font ce changement. En effet, comme Gary nous le rappelle il y a de ces jours qui nous redonnent espoir.

À lire tout ceci, je me suis posé une question: est-ce que mes attentes sont raisonnables? Qu'est-ce qui me ferait plaisir au fond? Quel est le minimum que je m'attend d'un enseignant (une classe) en lien avec les TIC (je me concentre sur les TIC seulement)? Ho! Hi!!! Ça y est, je me suis coincé dans un coin moi même :o(

Quelques éléments de réponse:

  • Que la technologie (quelques postes reliés à l'Internet + des périphériques de bases) soit présente dans la classe, non pas au bout du corridor dans un autre local qu'on doit réserver pour aller copier des textes pendant 30 minutes puis revenir travailler pour vrai dans sa classe, son milieu d'apprentissage.
  • Que ce qui se vit en classe soit suffisamment ouvert pour que les TIC puissent être un des outils à exploiter, à intégrer. Et ce pas de la façon que l'enseignant le veut mais bien de la façon que l'élève en a besoin.
  • Que l'enseignant garde des traces de ce qui se passe dans sa classe sur un site Web (de préférence) ou sinon sur sa clé USB. Clé qui deviendrait un CD portfolio de présentation à remettre aux élèves à la fin de l'année. En fait que la classe partage ses réalisations avec les autres, fasse connaître leurs bons coups afin d'aider les moins convaincus qu'il est possible d'apprendre à l'école avec les TIC.
  • Que l'enseignant se permette d'apprendre avec ses élèves quelques fois par année, qu'il se laisse guider par ses jeunes «experts» vers des TIC, stratégies, projets, non planifiés.
  • Que les parents qui le désirent puissent s'impliquer dans les apprentissages des élèves comme par exemple en laissant des commentaires constructifs sur le site/blogue/portfolio/portail/bureau virtuel/que sais-je de la classe.
  • Que les TIC soient au même niveau que les dictionnaires, crayons, règles, carnets de notes, bibliothèque, livres de références, etc. C'est-à-dire des outils d'apprentissage, pas des récompenses du vendredi PM.

Je m'arrête ici, car en me relisant je m'aperçois que c'est déjà pas mal élevé (quoi que...) comme attentes et que mes pouvoirs sur ces points sont limités à influencer par mes actions, formations.

Je dois avouer qu'il y a des classes qui font tout ça, le problème est qu'il y en a trop peu encore et surtout que les enseignants qui le font sont souvent regardé avec de grands yeux. Ça prend bien du courage pour être dans le pleton et de l'énergie/espoir pour être à l'avant.


L'arbre qui cache la fôret

Je ne compte plus le nombre de fois où un enseignants me dit:

Mes élèves ne seront pas capable de faire ça.

Ça étant n'importe quoi qui exploite les TIC ou qui est un peu plus ouvert comme approche.

Ma réaction n'est malheureusement jamais élégante :o(, mais en sous-estimant nos élèves nous nivelons pas le bas avec tous les impacts négatifs qui en découlent. Préparons le projet, essayons-le, observons nos élèves en action, objectivons la démarche/résultats avant de porter des jugements sur les capacités des élèves qui sont sous notre charge SVP.

Freinons l'immobilisme en donnant la chance aux élèves de nous démontrer que nous (les enseignants) pouvons avoir tord d'avoir peur.

Mise à jour du 18/02/09: Belle discussion sur le blogue de Patrick Giroux.


Si on veut changer des choses

... on doit peut être changer nous aussi.

Comment peut-on espérer que les enseignants réussissent à faire développer des compétences aux élèves si on continue à les former (les enseignants) à l'ancienne (sur le contenu, pas à pas, avec des petits kits, tout le monde fait la même chose en même temps, tous les produits sont pareils...)? Les bottines ne suivant pas les babinnes.

La réforme n'a changé grand chose dans la classe? À part quelque petits trucs ici et là, le fond est n'a pas changé dans la réalité (bien qu'on ait toute la latitude pour le faire). Désolant.


Si on voulait vraiment que ça change

...en intégration des TIC dans l'apprentissage des élèves, on oserait, au minimum, essayer cette proposition: Un ordinateur pour chaque enseignant.

L'idée n'est pas nouvelle, Gilles en a déjà pas mal parlé. Voilà que Sylvain nous la propose aussi.

Pourquoi chaque enseignant devrait avoir son ordinateur? Pour qu'on puisse réussir à les «former» aux TIC. Pas seulement leur montrer combien il est génial de les utiliser. De cette façon, selon l'hypothèse qui dit que si l'enseignant développe sa compétence TIC il les intégrera davantage en classe, on cesserait peut être de descendre dans cette liste.

Présentement on s'attend à des miracles en permettant aux enseignants de «butiner» d'un ordinateur (de qualité très variable) à l'autre. Ordinateur dont il ne peut pas modifier la configuration (mettre à sa main), ne peut pas installer un logiciel sans se faire regarder avec de gros yeux, ne peut pas s'amuser (on ne doit que faire des choses sérieuses avec le matériel de l'école), etc. Le miracle ne se produit pas et nos enfants n'ont toujours pas la possibilité de développer leur compétence TIC en classe. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne la développent pas ailleurs, mais j'ose croire que l'École les aiderait à aller plus loin.

Je suis un connecteur, donc je crois que les décisions globales ne servent pas à grand chose (les projets locaux ont plus de retombés). Mais comme l'image dans notre société est importante, on pourrait essayer de projeter l'image d'une société qui veut préparer leurs enfants à vivre dans leur monde et à utiliser les TIC de façon judicieuse.

En attendant, il y a des élèves au Québec qui apprennent avec un ordinateur à tous les jours alors que d'autres (la grande majorité) touchent à un ordinateur le vendredi PM s'ils ont été gentils (je caricature à peine). Belle équité n'est-ce pas?

Un enseignant, pour se former aux TIC, doit avoir son propre outil d'apprentissage/travail. Sinon, je crains que je réécrirai ce billet dans 5 ans. Je travaille fort pour que ce ne soit pas le cas.


Je prends le temps...

... de bloguer sur une belle rencontre du comité élargi de science et technologie qui avait pour but de travailler sur le programme de physique et de chimie.

D'abord les gens étaient en forme et la rencontre fut, pour moi en tout cas, très profitable et agréable. Du travail en sous-groupe ça peut, je dis bien peut, donner des résultats. Ce qui fut le cas.

Ensuite j'ai découvert un hôtel très intéressant, l'Hôtel de l'Institut (Saint-Denis). Une école où on joue/participe à la contextualisation des apprentissages pour des étudiants en hôtellerie. J'ai aimé les voir apprendre et j'ai salivé en voyant leur bouffe aussi ;o). Les chambres sont très bien avec leur balcon permettant bien des discussions informelles.

Pour ce qui est du programme comme tel, ce ne sera pas un programme (à l'image des précédents) avec le mot TIC intégré à toutes les pages, mais je crois qu'il y a des pistes d'intégration intéressantes. Le tout est d'aider/former/supporter le lecteur à y voir le potentiel. Je crois que les logiciels Squeak et Scratch (nos derniers dada pour faire réfléchir/apprendre les apprenants) pourront être exploités pour modélliser des concepts, objets, etc.

J'ai un petit point négatif (et j'en ai fait part aux auteurs) à propos de la version (de physique) que j'ai eu à analyser. Bien que la description de ce qu'est une SAÉ est très bien détaillés et complète (selon moi) dans le début du programme, les SAÉ données en exemple dans le document sont (au moins 2 sur 3) assez loin des critères énoncés. Une SAÉ n'est pas un problème, long ou pas, facile ou pas, où on a à placer quelques formules ensembles pour trouver une réponse. De plus, une SAÉ de 75 minutes (une activité serait alors le bon terme) a autant de sens qu'une voiture sans roue. Ça ne tient pas la route. Mais je suis confiant qu'elles seront améliorées d'ici la sortie officielle du programme.

J'ai utilisé ce schéma, déjà vieillissant, pour expliquer ma vision des SAÉ:

Des idées que j'ai eu lors de la rencontre pour créer des situations d'apprentissage, tâches complexes ou activités en physique:

  • Vélo: http://www2.fsg.ulaval.ca/opus/physique534/pdf/velo.pdf
  • Météo: baromètre, hygromètre, anémomètre... peut construire en atelier ces instruments de mesures impliquant des concepts de physique
  • Plus lourd en ski -> va plus vite?
  • Voir les défis génie inventif et autres.
  • Robotique: force, cinématique, accélération, déplacement, distance parcourue...
  • Sécurité routière, des tonneaux en voiture, arrêt selon la vitesse initiale, glace et frottement...
  • Expliquer pourquoi le prof de ce vidéo ose se mettre la tête face au pendule.
  • Optique: lumière et spectacle, illusion d'optique, phénomènes météo, instrument de mesure, pollution lumineuse, lunette astronomique et périscope...

On a même fait appel à ma compétence TIC quelques fois dans les deux jours. Une des questions était pour savoir si un forum de discussion pourrait être un outil qui «marche» pour les enseignants de chimie. La réponse a été brodée de sorte que ce soit les gens qui prennent la décision d'en créer un ou non. J'ai donc joué au consultant. Pas encore reçu de demande officielle. À suivre...

Finalement, j'ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec les gens présents. Les discussions furent très enrichissantes pour moi. Merci.


Bloquer, ça sert à rien

Cette nouvelle nous dit que:

"Sur le Net, la contrainte pour protéger les jeunes est quasi impossible"

Il faut, selon le rapport de M. David Assouline (un billet sur le rapport), éduquer et encore éduquer.

C'est un rapport d'information mais pas uniquement. Il y aura des propositions pour aider le législateur à prendre des mesures. On essaiera surtout d'encourager la pédagogie, l'éducation. Car même si on a besoin de développer le contrôle parental par exemple, je mise surtout sur l'éducation et la pédagogie pour permettre aux jeunes de faire preuve de responsabilité. Sur le Net, la contrainte est quasi impossible. Et puis au-delà de 16 ans, voire de 13 disent certains, les mesures de protections parentales sont inutiles.

Il est étrange de constater que dans le (du moins dans quelques endroits au Québec) milieu de l'éducation, le premier réflex est de bloquer au lieu d'éduquer.


Innovation, débutants et moi

J'étais au colloque de l'AQUOPS et j'ai eu la chance de jaser pas mal avec des gens autour de l'intégration des TIC. Un constat, ça avance pas aussi vite qu'on le voudrait bien.

D'abord, notre journée thématique sur un logiciel de «méchante» programmation, Squeak. Les participants on eu du plaisir à souffrir. Il sont eu des idées, en ont réalisé quelques-unes.

Ensuite, une personne a questionné la place des débutants au colloque. Je n'ai pas de problème avec les débutants, car ils ont commencé. Mon problème ce sont ceux qui font semblant que les TIC n'existent pas afin de ne pas se les approprier.

Voilà que Gilles nous fais part de sa conviction (et ici) que la programmation (avec Scratch entre autres) peut amener à l'innovation et à la motivation chez les jeunes. Scratch est un logiciel «amusant» qui permet de faire énormément d'apprentissage du PFEQ sans que l'utilisateur s'en rende compte. Parlez-en à Mme Bérubé qui a passé une journée sur le logiciel et qui, après le retour des formateurs, a réalisé qu'elle a fait des mathématiques de façon intensive ;o)

Une question me turluppine:

Comment puis-je, comme formateur, augmenter les retombées (que les gens continuent de s'approprier les TIC après mon départ) de mes formations?

Je dois réguler ma pratique, donc voici ce que je vais essayer dans les prochains mois et pourquoi.

But des formations?

Lors d'une formation TIC, que veut-on atteindre comme but? Informer/Initier les enseignants aux TIC (à quelques-unes du moins) pour que par la suite ils se prennent en main pour avancer «seuls» (avec du support/accompagnement par une communauté)? Ce qui implique le développement de l'autonomie de l'apprenant. Sinon, on s'assure des formations aux «mêmes enseignants» 2 jours (si on est chanceux) par année pour les 20 prochaines années. Ce qui nous mènera où?

Lorsqu'on a compris que les TIC peuvent aider à l'apprentissage et qu'on s'est appropriés quelques outils de bases (voir ce parcours ) a-t-on encore besoin d'un formateur (formation dans un laboratoire avec 20 autres personnes sur le même sujet) 2 jours par année? Je crois qu'il est alors possible de cheminer dans ses apprentissages en exploitant le Web 2.0 entre autres. Si quelques formateurs, plus «avancés», font partie du réseau de l'apprenant, ça serait un atout intéressant.

Formations TIC vs Disciplinaires

La formation TIC est habituellement calquée sur la formation disciplinaire (on fait des choses «sérieuses» autour de la discipline) offerte dans le système d'éducation. C'est-à-dire qu'on fait une offre de formation sur un logiciel par exemple, on rassemble quelques personnes dans un laboratoire, on s'installe à l'avant pour expliquer le logiciel et ce qu'on peut en faire en classe, on leur laisse un peu de temps pour tester, etc. Est-ce une bonne idée si on veut des retombées? Certaines personnes pensent que non en regardant le passé. Ne devrait-on pas alors faire autrement, car s'approprier une TIC (qui est quand même différente d'une discipline) pour des fins d'enseignement, ne semble pas très motivant pour les gens qui ne savent pas trop si ce sera «payant pédagogiquement de l'utiliser»?

Mes hypothèses

Hypothèse 1: Le plaisir avant le travail. Hypothèse 2: Des techniques, des stratégies, des compétences, sont développées en s'amusant avec les TIC. Hypothèse 3: Une personne développant sa compétence TIC permettra à ses élèves d'en faire autant dans sa classe.

Je m'explique

Avant de vouloir écouter un «podcast pédagogique» sur la théorie de socio-constructivisme ou du connectivisme, ne pourrait-on pas débuter par faire trouver, écouter la musique qu'aime la personne? Avant de faire créer une SAE à un enseignant, ne devrait-on pas débuter par le faire écrire/publier sur ses passions personnelles?

Avec les TIC, ne pourrait-on pas centrer la formation sur ce que la personne aime ou fait déjà en classe (ou dans sa vie personnelle)? Peut-on lui proposer de «s'amuser» au lieu de «travailler» avec les TIC? Un amateur de photos aimera probablement plus apprendre Flickr que le portail de son école ou Geonext.

On entend souvent que les élèves, bien que pas nécessairement des experts , utilisent les TIC et sont capables d'apprendre sur divers sujets avec elles. Ils ont débuté comment? Pourquoi? Pour travailler sérieusement? Bien sûr que non, il y avait un aspect ludique à la chose. N'est-ce pas comme ça aussi que les «fous des TIC» ont tous commencés?

Si on blogue pour le plaisir, si on se crée des albums photos, si on monte ses propres DVD de souvenirs familiaux, si on voyage virtuellement dans Google Earth, je suis certain qu'on développe sa compétence TIC, il ne manque qu'un accompagnateur pour compléter/optimiser/réguler les apprentissages. Le tout est de prévoir l'après formation. On doit donc présenter aux enseignants les communautés existantes dans le milieu afin qu'ils puissent s'y joindre et continuer à apprendre avec les TIC.

Finalement

Donc, faut-il tout chambouler les formations pour «hameçonner» les gens avec les TIC? Non. Mais on doit sûrement les ajuster afin que les enseignants puissent avoir de la place pour s'approprier des TIC moins sérieusement. Ce qui augmentera, selon mes hypothèses, les chances de retombées de la formation.

Aie-je LA réponse? Bien sûr que non! Mais j'y travaille ;o)


Lire avec des yeux de poisson

C'est drôle, mais je pense qu'on pourrait mesurer une augmentation de l'esprit critique durant la journée du 1er avril.

Voici un texte à l'allure techno-scientifique (merci à Stéphane Dubé) qui m'a fait sourire. J'aimerais que les gens (moi inclus) lisent ce type de texte avec des yeux de poisson 365.25 jours par an.


En 11.1 mots

L'ordinaire est simple d'atteinte, l'exceptionnel est plus énergivore.

PS: Inspiré par l'histoire en 6 mots d'Ernest Hemingway, je me lance dans le «en 11 mots». 11 = mon nombre fétiche, le .1 numérote mes billets de cette catégorie.


Qu'est-ce qui est en danger?

La «réforme» met-elle en péril l'avenir de mes enfants ou l'avenir du système d'éducation* actuel?

Je me pose la question, car si la réforme prouve quelque chose c'est bien la difficulté qu'a le système à gérer le son processus d'apprentissage**.



Notes:

*: Ministère (à temps partiel), commissions scolaires (autonomes), directions régionales, syndicats, média (oui ils font partie du système), conseillers pédagogiques, enseignants, parents, comités XYZ, enfants, politiciens (incluant les anciens), maisons d'éditions, universitaires...

**: L'apprentissage consiste à acquérir ou à modifier une représentation de l'environnement.

Mise à jour du 01/02/08: M. Guité frappe ici.


Le monstre a parlé

Le monstre a dit une phrase profonde:

En mathématique on montre des recettes avec une recette (d'enseignement).

Essayons de sortir de cette recette SVP!


Est-ce si facile?

D'identifier les gens qui ne sont pas en «mode apprentissage» dans une salle?

Définition de mode apprentissage: Personne se plaçant régulièrement dans des situations où elle doit apprendre pour réaliser une tâche. Elle développe donc ses compétences à apprendre.

Lors d'une rencontre où des animateurs demandaient aux personnes présentes de tester des applications «nouvelles», j'ai pu observer des «éléments observables» (je sais pas très beau 2 fois observ...) chez certaines personnes.

Par exemple, une petite partie n'entre pas du tout dans le jeu. Ces personnes disent: je ne suis pas rendu là moi, j'ai autre chose à faire. C'est de la technique ça. Vous voyez, ça ne marche pas sur ma machine...

Une autre partie suit le guide pas à pas. N'osent pas prendre des initiatives, essayer par eux même des fonctions. Mais cette partie avance, découvre au rythme de l'animation.

Il y a la partie qui n'écoute pas du tout les animateurs et qui part à l'aventure. Ces personnes (en mode apprentissage) découvrent par eux même les applications (d'autres applications semblables même) en exploitant leurs forces (fouiller dans l'aide ou dans un moteur de recherche, poser des questions à leurs coéquipiers, essayer, essayer...).

Dans ces trois parties, respectant la courbe normale, il est assez simple, je trouve, de trouver les gens qui sont en mode apprentissage.

Un problème? Non pas vraiment. Sauf peut être que le groupe en question n'aurait pas dû respecter la courbe!


Enfin, un samedi matin cool

Quand j'étais plus jeune, disons 20 ans, j'écoutais avec scepticisme les gens de mon âge actuel (38) parler de la vitesse de la vie. Que tout passe rapidement, trop rapidement, blablabla... Quand j'étais jeune, j'avais tort de rire dans ma barbe de ces «p'tits vieux» qui tentaient de philosopher sur la rapidité relative du temps. Je m'en excuse auprès de ces personnes qui avaient plus de samedis matins derrière la cravate.

En date du novembre 2007, je suis de ceux qui philosophent sur cette vitesse de la vie. Je me suis surpris hier soir à le faire avec la gardienne de mes enfants qui a un gros 16 ans. Je vieillis, YES!

Donc, comme le titre l'indique, j'ai un peu de temps en ce samedi matin pour lire mes journaux et bloguer sur quelques-uns des sujets suivants.

1) La quantité d'informations sur la page d'accueil d'un site web.

J'ai encore discuté avec des gens qui trouvent que des sites web avec une page d'accueil contenant beaucoup d'informations (voulant permettre d'atteindre le contenu dans le moins de clics possible) rebutent les internautes « débutants ». Voici la page frontispice de La Presse de ce matin :

page accueil

Qu'on ne vienne pas me dire que cette page est simple à décoder. En plus, le clic pour se rendre à l'information ne fonctionne pas ;o) Je crois, bien humblement, que c'est une compétence à développer que celle de décoder de l'information dans une page (papier ou web). Et ce n'est pas en ne mettant que deux icônes (je caricature) dans une page qu'on favorisera son développement.

2) M. Foglia hait les chars. Moi ce sont les conducteurs qui me préoccupent.

Je ne veux pas contredire les propos du chroniqueur (propos très vrais), mais ce n'est pas la technologie (l'auto) que l'on doit mettre au banc des accusés, mais bien l'utilisateur. Dans le cas de la fillette de 3 ans, on nous dit (encore) que les garçons sont de bons petits gars, que ce n'est qu'une erreur, etc. Oui oui, nous en sommes tous des bons petits gars, jusqu'au moment où on ne réfléchit plus et qu'on pose ce type de geste. Faites attention à mes filles très chers conducteurs, je n'ai malheureusement pas le pardon facile.

3) La fameuse dictée est abordée ici par une journaliste qui semble s'être informée minimalement.

Mme Brigitte Breton explique (à la ministre à temps partiel de l'éducation) que la dictée n'est pas une activité proscrite par le programme de formation et que le temps consacré au français s'est vu augmenter dans ce renouveau pédagogique tant décrié.

Une question me turlupine en lisant ce texte: pourquoi la dictée semble être LA solution aux problèmes de phrenssè (milles excuses Gilles pour le manque de respect dans ce dernier mot, et peut-être ailleurs aussi )? Serait-ce qu'étant jeune, on a tous trouvé difficile cet exercice matinal? Et que pour apprendre, la souffrance est une bonne stratégie?

On touche ici à un des nos problèmes, les gens font davantage confiance à leurs intuitions en ce qui a trait à l'apprentissage/éducation, qu'aux gens dont c'est la profession.

4) Allez les filles, sortons dehors.

Mais faisons attention aux gentils conducteurs.

PS: Je n'ai pas lu le FT.


Citation du jour

Je me répète, mais je crois profondément que tant que chaque intervenant n'aura pas son outil de travail, nous prêcherons dans le désert où les oasis sont créés par de la pensée magique.

Gilles Jobin, 25/08/07 sur le blogue du RÉCIT


TIC et gestion de classe

Ce billet de La Fouine, bon retour au travail très chère, me questionne. Est-ce que les TIC ont un impact (positif ou négatif) sur la gestion de classe?

Je pourrais donner mes impressions personnelles, mais je vais plutôt poser la question aux enseignants que je rencontrerai cette année et en ferai part ici. Je vous la pose à vous qui lisez ce billet.

Mme Fouine aimerait exploiter le lecteur mp3 (une TIC déjà très présente dans la vie de nos jeunes) en classe. Elle donne de très bons arguments. Je crois aussi que si on permet aux élèves d'avoir leur mp3 en classe pour écouter des capsules audio (en MST par exemple ;o) ) créées par d'autres élèves (ou encore de la musique) tout en travaillant, pourrait être une belle façon d'intégrer les TIC (production/publication/écoute des capsules) dans l'apprentissage des élèves.

À suivre de près...


Camp TIC et M. Guité

De retour du camp TIC 2007 de la région 03-12 j'ai bien de la lecture à faire. M. Guité pose une bonne question dans ce billet.

«Se peut-il que les éducateurs, dans un exemple typique de cordonniers mal chaussés, aient perdu de vue leur propre développement?»

Mon ami Gilles Jobin le dit souvent, on doit être en état d'apprentissage quand on oeuvre en éducation. Cet état n'est malheureusement pas le cas de la majorité. Donc, comme l'inertie est difficile à combattre (principe de physique, désolé, déformation professionnelle), c'est-à-dire remettre les enseignants dans cet état, on doit dépenser beaucoup d'énergie (est-ce le cas?).

Ceci dit, on doit aussi voir que les enseignants n'ont pas tous le même niveau d'autonomie (le camp TIC est un très bon laboratoire pour faire ces observations) dans l'apprentissage. Beaucoup ont besoin (du moins c'est ce qu'ils affirment) d'une personne qui enseigne à l'avant avec la bonne réponse. Face à l'éducation 2.0, l'apprenant doit faire son bout comme on dit. Il y a des efforts à faire, des heures à essayer des choses, des heures à se tromper. Ho! Se tromper? Dans la tête de bien des gens se tromper c'est perdre du temps. C'est ce qui est le plus difficile à à vivre pour moi quand on veut accompagner des gens dans leurs apprentissages. J'essaie des placer dans un contexte d'apprentissage, mais quelques-uns (pas tous) veulent un cours, que j'enseigne.

Je crois en effet que les éducateurs ont perdu de vue leur propre développement. Je n'irais pas jusqu'à dire par contre qu'ils se sentent supérieurs. Mais je me pose une question: que faisons-nous (les formateurs) pour freiner l'immobilisme? Donner des bons vieux cours (de la bonne réponse) n'est pas selon moi le filon à suivre. Je comprends par contre que tout n'est pas de la faute de ces «gentils formateurs».


Diabolisons Internet

Cette nouvelle me fait réaliser que les médias tentent de faire passer Internet pour LA cause de tous les problèmes. Le reportage est biaisé au max.

1) Tricherie? Hum... L'enseignante a donné le corrigé aux élèves, qui ont par la suite publié la chose. Est-ce ça tricher?

2) Est-ce plus facile à tricher avec internet? À ce que je sache, si les réponses ne circulent pas, on ne peut pas tricher même avec Internet!

Freinons l'immobilisme!


Bonne question M. Potvin

Patrice Potvin, Professeur-chercheur en didactique des sciences à l’UQAM, a écrit ce texte à propos d'un facteur qui influence la réussite de nos efforts pour faire évoluer notre système d'éducation.

Merci à Patrice pour ce texte et de m'avoir fait connaître le site 100papiers.


Et si on me comparait à la moyenne?

Belles discussions autour du bulletin chiffré et de l'intégration des TIC dernièrement.

Lettre à mon petit-fils, Je te tiens par la barbichette...tu me tiens, La barbichette..prise 2, Barbichette... prise 3, La larme, Le bulletin nouveau.

J'ai discuté un peu de bulletin et d'évaluation (ce qui est différent en passant) avec des parents (ne faisant pas parti du système d'éducation, ce qui n'est pas un défaut) qui étaient contents du retour des chiffres. Ils ne savaient pas trop pourquoi ils l'étaient... enfin oui ils le savaient, ils connaissent ce type de bulletin, car c'est ce qu'ils ont eu quand ils étaient sur les bancs d'école et c'est plus simple à comprendre. Mon enfant vaut 78% et il est dans la moyenne. Là s'arrête le besoin d'informations pour des parents qui n'ont pas vraiment le temps pour rencontrer l'enseignant et fouiller un peu plus loin quelles sont les forces et faiblesses de leur enfant. Et je ne dis pas ça négativement comme dit si bien mon collègue d'en face, je suis assez occupé moi aussi.

Et là m'est venu à l'idée que je pourrais moi aussi être évalué selon une moyenne pour savoir si je fais bien mon travail. Présentement on m'évalue, comme beaucoup d'autres employés de divers secteurs d'activités, selon ce qu'on attend de moi (des critères). Mais peut-être que j'aimerais être comparé à ce que font les autres comme travail? J'aurais peut-être une augmentation de salaire (ou une baisse :o( )? Y parait que la compétition c'est bon, s'il y en avait un peu plus dans notre système...

Bon, ok, le politique a décidé, moi je vais m'adapter.

PS: Ça fait quand même mal à notre système que notre profes... métier puisse être manipulé par des gens qui se croient compétents en éducation sur le seul fait qu'ils aient des enfants. Je gère mon budget, je pourrais peut être jouer au comptable?

Mise à jour: M. Asselin dans un commentaire m'a fait connaître ce texte fort pertinent. Bien de bonnes questions y sont posées.

Mise à jour 2: Ce billet de Missmath est à lire. Tout comme la réponse de M. Proulx à M. Martineau.

Mise à jour 3: Bonne réponse de M. Asselin à M. Martineau.


Pyramide ou réseau?

Louis a écrit ce billet où il pose des questions qui m'aident beaucoup. Mon dernier billet je répondais à sa question «Où on va?» J'ai répondu ici à une autre question de Louis.

Me revoilà à relire ses questions pour une nième fois et il me vient ceci à l'esprit: sommes-nous dans un système pyramidal ou dans un réseau?

Ce qui suit n'est qu'un hypothèse de travail/réflexion. Merci de votre compréhension.

Qu'est-ce que ça change? Beaucoup pour moi. Dans une pyramide si on veut que la base intègre les TIC la tête de la pyramide doit l'intégrer aussi. Mais dans un réseau, pour qu'un membre du réseau (un noeud) intègre les TIC, il n'est pas nécessaire que tous les autres membres de son réseau intègrent les TIC, quelques-uns suffit.

Prenons comme exemple un jeune de 15 ans qui exploite les TIC dans sa vie personnel (je ne parle pas ici de l'école). Ses parents ne sont pas nécessairement des experts en TIC ni même des utilisateurs dans un modèle «réseau». Les parents (un noeud du réseau de l'ado) n'ont eu qu'à placer leur enfant en présence des TIC et d'autres noeuds du réseau se sont occupés d'accompagner notre cobaye dans son appropriation des TIC.

Alors que dans un modèle «pyramide» les parents sont très hot en TIC.

Et si on tentait de former des réseaux d'apprentissages au lieu des pyramides scolaires?


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