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Petite réflexion sur la place des TIC en éducation

Il y aurait tant à dire à ce sujet que je ne sais pas par où commencer. Pourtant, suite à de récentes discussions, je me dois de dire au moins ces quelques petites affaires choses patentes... rêves.

Quelles TIC?

Avant d'investir de gros sous dans de la quincaillerie TIC (ce que notre gouvernement semble vouloir faire avec des tableaux numériques), ne devrait-on pas cibler les «vrais» besoins? J'insiste sur le mot vrai, car on prend trop souvent nos désirs pour des besoins. Ex. tous les enseignants pourraient dire: «Je désire que les TIC simplifient mon travail.» Le monde de l'éducation a le besoin d'améliorer l'apprentissage des élèves, diminuer le décrochage, etc.

À jaser avec des enseignants de partout dans la province, pour qu'ils puissent intégrer les TIC dans leur enseignement et dans l'apprentissage des élèves, il leur manque un élément primordial, des ordinateurs pour leurs élèves.

Ho! Ça veut donc dire que le fameux ratio élèves/nombre d'ordinateur n'est pas encore suffisant! On attend quoi déjà pour augmenter le temps où l'élève peut utiliser un ordinateur (ou autre TIC portable) à l'école? Peut être le temps où on va les laisser apporter «leurs» TIC en classe?

La théorie du premier pas

Dans certains milieux on me parle du «premier pas» que doit réaliser l'enseignant avant de permettre à ses élèves d'utiliser les TIC en classe. Si vous croyez à ce premier pas, mon conseil est de lui fournir un portable, car je crois au principe suivant:

''Pour qu'un enseignant comprenne et applique en classe (intégration des TIC dans l'apprentissage des élèves) les avantages des TIC dans l'apprentissage, il doit apprendre avec les TIC, pas seulement enseigner avec elles. ''

Et la formation

Mon conseil (encore un, ça ne coûte pas plus cher ;o)): Montrons aux enseignants à se créer une canne à pêche avec un couteau (couteau = ordinateur) au lieu de leur donner un poisson cuit (poisson cuit = contenu numérique tout prêt, créé par d'autres personnes).»

Je rêve? Bien sûr! Mais il faut se demander où on veut aller avec les TIC en classe.

Mise à jour: On m'a posé cette question: «Je veux bien me la fabriquer la canne à pêche mais, où vais-je trouver le temps de m'la gosser?» Comme pour toute technologie, si on n'a pas le besoin (la faim dans le cas de la canne à pêche) le temps manquera toujours.


Magiques les TIC?

Non! Simples alors? Pas davantage!

Pourquoi cette mise au point (après ce billet et celui-là)? Parce que des gens croient (encore) que c'est le cas. Et, je pense bien humblement qu'ils se trompent.

L'action (bien que réalisée avec de bonnes intentions) de placer des TIC en classe n'est pas suffisante pour l'apparition d'impacts positifs sur l'apprenant et l'enseignant.

  • Les TIC exigent que l'on s'engage.
  • Les TIC exigent que l'on s'informe.
  • Les TIC exigent que l'on se forme.
  • Les TIC exigent à l'utilisateur d'être accompagné dans son cheminement.
  • Les TIC exigent un support à proximité.
  • Les TIC exigent des efforts.

Surtout, les TIC exigent d'être choisies selon les besoins à combler. Comme pour toutes les technologies (c'est intrinsèque), les TIC ne sont pas toutes égales pour combler un besoin spécifique. Toutes les TIC ne peuvent pas provoquer un changement d'approche pédagogique des enseignants, ne peuvent pas motiver les élèves à réaliser des apprentissages, ne sont pas des catalyseurs d'apprentissages, etc. Je me répète, on peut couper du bois avec un marteau, mais ce ne sera pas efficace.

Pour ma part, j'ai fait le choix de mettre mon temps/énergie sur les TIC qui sont entre les mains des élèves et qui permettent des apprentissages variés (ce schéma synthèse explicite mes raisons). Pourquoi? Parce que depuis le début de la réforme de l'éducation, cette phrase fait sens pour moi: placer l'élève au centre de ses apprentissages. Si on appliquait un peu plus cette petite phrase toute simple, on analyserait différemment nos choix TIC pour la classe, car elles n'ont pas toutes cet effet (parfois même l'effet contraire).

De plus, le nombre «un» pour la classe (un robot, une sonde, un ordinateur, une tablette, un TBI, une station météo...) permet difficilement de se retrouver en «zone B» dans le schéma cité plus haut ainsi que de placer l'élève au centre de ses apprentissages (et développer ses compétences).

Alors, si on vous vend (encore, la liste est assez longue) l'idée que telle ou telle technologie aura tel impact positif sur les enseignants et/ou élèves, oser questionner les caractéristiques intrinsèques de la TIC ainsi que les stratégies pour y parvenir.


Mon marteau préféré, suite

Suite à mon billet «Le marteau de mon papa» j'ai eu un commentaire sur le fait que mon identité numérique n'était pas très marteau, mais plutôt TIC. Je dois l'avouer, cette personne a sûrement raison (et ma douce aussi quand elle dit que je ne suis pas très talentueux avec mon marteau préféré).

Donc parlons TIC.

Ma conclusion dans mon histoire de marteau est qu'une technologie a été conçue par un (ou des) humain qui a sa vision du monde, ses propres besoins. Alors sa technologie porte des valeurs (Wikipedia par exemple). Tenter de faire faire autre chose à une technologie que ce pourquoi elle a été construite, demande beaucoup plus d'énergie que de trouver la bonne technologie pour le besoin.

Ce qui est le cas des TIC également.

Prenons le logiciel de programmation interdit aux grands Scratch. Voir l'excellent wiki dédié à Scratch et Squeak ;o)

Si j'ai le besoin, par exemple, d'intégrer les TIC dans l'apprentissage de l'élève, de faire construire/exploiter des concepts mathématiques et/ou de faire développer une des trois compétences en mathématique (aspect pédagogique), Scratch est un outil tout désigné par les valeurs qu'il porte.

Avec Scratch, LA réponse n'existe pas, les chemins à emprunter pour atteindre le but sont multiples, l'élève doit créer/inventer/se tromper/réessayer...

Mais si le besoin est d'utiliser une TIC pour que l'enseignant présente (aspect didactique) du contenu en lien avec la mathématique, il sera très douloureux pour l'utilisateur (l'enseignant) de créer son contenu avec Scratch. Possible me direz-vous. Bien sûr! Même avec mon marteau je peux couper un bout de bois, mais ça va prendre du temps et le morceau ne sera pas coupé très droit.

Ici le choix de Scratch n'est donc pas le bon outil pour le besoin (relié à la didactique vs pédagogie). On irait alors davantage vers un outil comme OpenOffice (LibreOffice) présentation, Prezi, Cmap, Freemind, un site Web, etc.

Ha oui, j'ai oublié de vous dire que Scratch est mon logiciel préféré (valeurs très près des miennes). Mais il ne peut pas, comme toutes les technologies, répondre à tous les besoins.

C'est, entre autres, pourquoi dans mon travail je ne pousse pas toutes les technologies, car certaines ont des valeurs plus près de ma vision (valeur) pédagogique et que d'autres répondent beaucoup mieux aux besoins du programme de formation. Programme, selon ce que j'en comprends du moins, qui veut placer l'élève au centre de ses apprentissages.

C

Mise à jour du 27 octobre: un billet de Patrick Giroux qui complète bien mon propos ici (choix du bon outil TIC pour le but poursuivi): Discussion à propos du TBI

Mise à jour février 2011: Voir ce document qui explicite ma vision en MST: Pistes TIC en MST

Mise à jour 1er mars 2011: Billet d'une CP en lien avec le TBI et les priorités: TBI et ordinateur


Le marteau de mon papa

Dans mon coffre à outils j'ai un marteau qui me tient à coeur, celui que mon papa (menuisier) m'a donné il y bien des années. Ce marteau va très bien. J'aime ce marteau. Je l'ai sur moi à toutes les occasions où je bricole, bien que je ne sois pas très hot en bricolage. Ma douce ne perd pas une occasion de rire de moi sur mes talents limités ;o)

Dans un projet de bricolage, j'ai eu à couper un bon vieux 2x4. Mon marteau à la main, je regarde les buts de ce que je veux atteindre, couper le 2x4, et je me suis dit:

Ok, réfléchissons un instant, ou deux, ou trois... comment je procéderai pour couper ce 2x4 avec mon outil préféré, le marteau?

J'appelle mon papa pour lui demander comment je pourrais bien faire. On discute du comment utiliser le marteau pendant de longues heures, on consulte d'autres menuisiers. Rien à faire, on ne trouve toujours pas comment couper mon 2x4 avec mon marteau préféré.

Et là, un oncle à moi me demande :

Tu veux couper quelque chose, as-tu pensé que ton marteau préféré n'est peut être pas le bon outil pour la tâche?

Hein! Quoi! Mon marteau préféré serait laissé sur le côté à certains moments lors de mes bricolages? Difficile à admettre, car, comme je l'ai dit c'est mon marteau préféré, il est important pour moi.

J'ai finalement compris une chose, toutes les technologies, bien que fantastiques dans certaines conditions (mon marteau préféré pour clouer des clous, en arracher d'autres, enfoncer des pieux, faire peur à un voleur, etc), il faut parfois en arriver à la conclusion qu'une autre technologie sera plus adéquate pour répondre aux buts poursuivis.

Faits véridiques : j'ai en effet un marteau que mon papa m'a donné, je l'aime bien.

Le reste n'est qu'une petite histoire pour m'aider à me rappeler que d'essayer de gaver des gens avec une technologie que j'aime beaucoup (robotique, Web 2.0, Geogebra, etc) sans tenir compte de leurs buts (apprentissage des élèves par exemple) n'est peut-être pas une bonne stratégie.


Le cynisme

Cet article où lucien Bouchard et Mario Dumont nous parle du cynisme politique me fait réaliser quelque chose à propos de ma vision de mon travail.

Surtout ce petit bout plein de positivisme:

On peut être en désaccord, un peu découragé. On peut s'indigner. Mais il faut réagir ! Sinon, c'est renoncer aux lendemains. Le cynisme, c'est largement un prétexte pour ne rien faire.

Je rencontre bien des gens qui sont très cyniques face au système d'éducation, face à l'intégration des TIC, face à leur impact dans leur milieu. Je comprend qu'il est simple de tomber dans le "ça marche pas", mais pour ma part j'aime mieux voir les réussites ici et là (il y a plein de liens que j'aurais pu placer ici, mais afin de ne pas en oublier je préfère ne pas en mettre) et de continuer à freiner l'immobilisme.

Un jour un ami a dit une phrase qui m'a fait réagir:

Nous avons une responsabilité.

Voilà pourquoi, entre autres, je continue à croire que ce que je fais sert à quelque chose, même s'il est très difficile d'en mesurer les impacts.


La pédagogie est humaine

...elle n'est pas logicielle ou matérielle.

Des discussions sérieuses et moins sérieuses m'ont fait réfléchir sur certaines de mes actions/stratégies professionnelles. Ce qui peut devenir dangereux ;o)

Voici trois lois qui semblent être très populaires dans le monde des formateurs TIC:

1) Le meilleur logiciel est celui avec lequel le formateur est compétent.
2) Le meilleur matériel est celui que le formateur possède.
3) La meilleure route pour apprendre est celle que le formateur a utilisée.

Lois 1 et 2

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai entendu une personne dire que si elle n'avait pas tel logiciel elle ne pourrait pas fonctionner. Ou encore que tel type d'ordinateur est bien meilleur pour la pédagogie. Haaaaaaaaaa oui! Haaaaaaaaa bon! (Pour ceux qui connaissent la blague, c'est à ce moment que je cesse d'écouter).

Ok, prenons des exemples pour illustrer le tout. Les ultra-portables ou les terminaux X par exemple.

Lui: «Y a rien à faire avec ça» ou «On ne peut pas tout faire avec ça.»

Moi: C'est quoi «tout»? demandais-je.

Lui: «Euh... ben du 3D et du montage vidéo.»

Moi: Haaaaaa oui! Haaaaaaaaa bon! Combien de temps les élèves (durant la classe, pas en parascolaire) font du montage vidéo dans une année? 10 % du temps à l'ordinateur?

Lui: «Ben non! Moins que ça. Ce ne sont que des petits projets où l'élève s'initie au montage vidéo.»

Moi: Donc ça prend des machine hyper-performantes pour moins de 10% du temps. C'est pas ce que j'appelle une bonne analyse des besoins avant l'achat. Des terminaux ou des ultra-portables, qui répondent également à des besoins différents, peuvent combler les besoins pour les 90% et plus.

Et voilà le moment glissant...

Lui: «Mais des terminaux c'est en linux.»

Moi: Haaaaaaaaaa oui! Haaaaaaaaa bon! Sur ton cellulaire méga-performant, c'est quoi le OS? Windows?

Lui: «Non, c'est pas pareil.»

Moi: Justement si. Un client léger (terminal X) ou un ultra-portable est un outil TIC où les boutons ne sont pas de la même couleur, où les icônes sont différents, où les logiciels ne se nomment différemment, mais ça reste du clique, des menus et des fenêtres. Comme ton cellulaire. L'utilisateur s'habituera à l'environnement, développera donc sa compétence TIC.

Lui: «Ok mais il n'y a pas tel logiciel en Linux» me dit mon tinami en pensant m'avoir mis KO.

Moi: Où il est écrit dans le programme de formation que ce logiciel précis est nécessaire pour l'apprenant? Nul part!

Lui: «Mais c'est plus simple avec ce logiciel Pierre! En plus il est plus puissant.»

Moi: Il ne faut pas confondre simplicité et habitude dans le logiciel. Il est vrai que certains logiciels peuvent être plus simple pour une tâche précise, mais on doit dépasser un peu ce critère quand vient le temps de choisir un outil. Et je me suis toujours demandé à quoi ça sert d'avoir une voiture qui peut aller à 350 km/h si je ne peux pas dépasser 100 km/h sur la route. La plupart des utilisateurs ne dépassent pas 20 % des fonctionnalités des logiciels, et je ne crois pas que ce soit nécessaire dans un contexte de classe non plus. J'aime bien le concept de la simplicité volontaire TIC qui a, entre autres, comme but d'utiliser le logiciel le plus simple possible qui peut répondre aux besoins. Pas le plus populaire ou le plus puissant.

Loi 3

Est-ce qu'un nouvel utilisateur des TIC (en avril 2009) doit passer par le même chemin que moi (qui les utilise depuis plus de 10 ans) pour intégrer les TIC dans ses apprentissages?

Trop grosse question pour y répondre en quelques mots, mais j'aurais tendance à croire que non. Ce ne sont plus les mêmes outils, même besoins, même contexte. Le C de TIC, la communication, est plus présent (pensons aux outils du Web collaboratif, aux mobiles...) que jamais. À mon avis il est différent d'apprendre à communiquer (ou d'apprendre tout court) avec les TIC que d'apprendre à produire des documents (le but principal il y a 10 ans).

La pédagogie est humaine, elle n'est pas logicielle ou matérielle.

Développer ses compétences à l'aide des TIC ne nécessite pas un logiciel (ou un système d'exploitation) en particulier ou encore une marque précise d'ordinateur, mais bien un humain prêt à laisser ses élèves prendre plus de place dans leurs apprentissages (avec ou sans les TIC).

Conclusion

Avant de croire que ça prend un logiciel précis, sur un OS précis, sur un matériel précis, pour que l'élève puisse développer sa compétence TIC (et les autres du PFEQ), je devrai prendre un grand respire et ne pas transférer mes peurs sur lui.

Note: Lui, c'est plusieurs personnes que j'ai fusionnées pour le propos. Si vous vous sentez visé, on pourra en reparler un de ces 4 ;o)


Entendu lors de félicitations

Parent: «Bravo pour le spectacle, c'était très intéressant.»

Enseignant: «Merci beaucoup, il y a beaucoup de travail derrière ces numéros.»

Parent: «Je trouve ça bien que vous mettiez les élèves en action pour apprendre l'anglais» (note: le spectacle était en anglais par des élèves de 5e et 6e année).

Enseignant: «On n'a pas le choix de trouver des moyens de le faire, car les compétences du programme ne se développent pas en écoutant un enseignant parler en anglais en avant.»

HO!!! Je lui aurais fait un GROS CALIN ;o)


Question piège

Je viens de recevoir une question:

Combien de temps faut-il prévoir en utilisation de l’ordinateur pour développer la compétence TIC telle que décrite dans le PFEQ?

Sans trop y réfléchir j'ai sorti un chiffre (dans un monde idéal) qui provient de discussions avec Paul Roy (ancien coordonateur du RÉCIT): 30 % du temps.

J'ai aussi répondu que ce n'est pas 30% du temps en laboratoire, car je crois que les TIC doivent être présentes dans le milieu d'apprentissage, la classe. Pourquoi? Si un outil est intégré il n'est pas loin quand j'en ai besoin. Une trace d'anciennes discussions à ce sujet.

Et là, une autre personne répond que la question est dangereuse, car elle peut vite mener à tout mettre dans un cours TIC (x heures par cycle) et laisser de côté l'aspect transversales des TIC.

Hum... c'est vrai que ça peut mener à ça, surtout si on garde l'idée que les laboratoire d'ordinateurs est LA solution pour les écoles. Car après tout, si il faut planifier le temps en labo, en quoi c'est transversale (revoir le PFEQ pour définition de compétence transversale)?

J'ai hâte de lire d'autres interventions...


Je prends le temps...

... de bloguer sur une belle rencontre du comité élargi de science et technologie qui avait pour but de travailler sur le programme de physique et de chimie.

D'abord les gens étaient en forme et la rencontre fut, pour moi en tout cas, très profitable et agréable. Du travail en sous-groupe ça peut, je dis bien peut, donner des résultats. Ce qui fut le cas.

Ensuite j'ai découvert un hôtel très intéressant, l'Hôtel de l'Institut (Saint-Denis). Une école où on joue/participe à la contextualisation des apprentissages pour des étudiants en hôtellerie. J'ai aimé les voir apprendre et j'ai salivé en voyant leur bouffe aussi ;o). Les chambres sont très bien avec leur balcon permettant bien des discussions informelles.

Pour ce qui est du programme comme tel, ce ne sera pas un programme (à l'image des précédents) avec le mot TIC intégré à toutes les pages, mais je crois qu'il y a des pistes d'intégration intéressantes. Le tout est d'aider/former/supporter le lecteur à y voir le potentiel. Je crois que les logiciels Squeak et Scratch (nos derniers dada pour faire réfléchir/apprendre les apprenants) pourront être exploités pour modélliser des concepts, objets, etc.

J'ai un petit point négatif (et j'en ai fait part aux auteurs) à propos de la version (de physique) que j'ai eu à analyser. Bien que la description de ce qu'est une SAÉ est très bien détaillés et complète (selon moi) dans le début du programme, les SAÉ données en exemple dans le document sont (au moins 2 sur 3) assez loin des critères énoncés. Une SAÉ n'est pas un problème, long ou pas, facile ou pas, où on a à placer quelques formules ensembles pour trouver une réponse. De plus, une SAÉ de 75 minutes (une activité serait alors le bon terme) a autant de sens qu'une voiture sans roue. Ça ne tient pas la route. Mais je suis confiant qu'elles seront améliorées d'ici la sortie officielle du programme.

J'ai utilisé ce schéma, déjà vieillissant, pour expliquer ma vision des SAÉ:

Des idées que j'ai eu lors de la rencontre pour créer des situations d'apprentissage, tâches complexes ou activités en physique:

  • Vélo: http://www2.fsg.ulaval.ca/opus/physique534/pdf/velo.pdf
  • Météo: baromètre, hygromètre, anémomètre... peut construire en atelier ces instruments de mesures impliquant des concepts de physique
  • Plus lourd en ski -> va plus vite?
  • Voir les défis génie inventif et autres.
  • Robotique: force, cinématique, accélération, déplacement, distance parcourue...
  • Sécurité routière, des tonneaux en voiture, arrêt selon la vitesse initiale, glace et frottement...
  • Expliquer pourquoi le prof de ce vidéo ose se mettre la tête face au pendule.
  • Optique: lumière et spectacle, illusion d'optique, phénomènes météo, instrument de mesure, pollution lumineuse, lunette astronomique et périscope...

On a même fait appel à ma compétence TIC quelques fois dans les deux jours. Une des questions était pour savoir si un forum de discussion pourrait être un outil qui «marche» pour les enseignants de chimie. La réponse a été brodée de sorte que ce soit les gens qui prennent la décision d'en créer un ou non. J'ai donc joué au consultant. Pas encore reçu de demande officielle. À suivre...

Finalement, j'ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec les gens présents. Les discussions furent très enrichissantes pour moi. Merci.


Enfin, un samedi matin cool

Quand j'étais plus jeune, disons 20 ans, j'écoutais avec scepticisme les gens de mon âge actuel (38) parler de la vitesse de la vie. Que tout passe rapidement, trop rapidement, blablabla... Quand j'étais jeune, j'avais tort de rire dans ma barbe de ces «p'tits vieux» qui tentaient de philosopher sur la rapidité relative du temps. Je m'en excuse auprès de ces personnes qui avaient plus de samedis matins derrière la cravate.

En date du novembre 2007, je suis de ceux qui philosophent sur cette vitesse de la vie. Je me suis surpris hier soir à le faire avec la gardienne de mes enfants qui a un gros 16 ans. Je vieillis, YES!

Donc, comme le titre l'indique, j'ai un peu de temps en ce samedi matin pour lire mes journaux et bloguer sur quelques-uns des sujets suivants.

1) La quantité d'informations sur la page d'accueil d'un site web.

J'ai encore discuté avec des gens qui trouvent que des sites web avec une page d'accueil contenant beaucoup d'informations (voulant permettre d'atteindre le contenu dans le moins de clics possible) rebutent les internautes « débutants ». Voici la page frontispice de La Presse de ce matin :

page accueil

Qu'on ne vienne pas me dire que cette page est simple à décoder. En plus, le clic pour se rendre à l'information ne fonctionne pas ;o) Je crois, bien humblement, que c'est une compétence à développer que celle de décoder de l'information dans une page (papier ou web). Et ce n'est pas en ne mettant que deux icônes (je caricature) dans une page qu'on favorisera son développement.

2) M. Foglia hait les chars. Moi ce sont les conducteurs qui me préoccupent.

Je ne veux pas contredire les propos du chroniqueur (propos très vrais), mais ce n'est pas la technologie (l'auto) que l'on doit mettre au banc des accusés, mais bien l'utilisateur. Dans le cas de la fillette de 3 ans, on nous dit (encore) que les garçons sont de bons petits gars, que ce n'est qu'une erreur, etc. Oui oui, nous en sommes tous des bons petits gars, jusqu'au moment où on ne réfléchit plus et qu'on pose ce type de geste. Faites attention à mes filles très chers conducteurs, je n'ai malheureusement pas le pardon facile.

3) La fameuse dictée est abordée ici par une journaliste qui semble s'être informée minimalement.

Mme Brigitte Breton explique (à la ministre à temps partiel de l'éducation) que la dictée n'est pas une activité proscrite par le programme de formation et que le temps consacré au français s'est vu augmenter dans ce renouveau pédagogique tant décrié.

Une question me turlupine en lisant ce texte: pourquoi la dictée semble être LA solution aux problèmes de phrenssè (milles excuses Gilles pour le manque de respect dans ce dernier mot, et peut-être ailleurs aussi )? Serait-ce qu'étant jeune, on a tous trouvé difficile cet exercice matinal? Et que pour apprendre, la souffrance est une bonne stratégie?

On touche ici à un des nos problèmes, les gens font davantage confiance à leurs intuitions en ce qui a trait à l'apprentissage/éducation, qu'aux gens dont c'est la profession.

4) Allez les filles, sortons dehors.

Mais faisons attention aux gentils conducteurs.

PS: Je n'ai pas lu le FT.


Des outils pour apprendre

Je dois avouer que ce billet de M. Guité m'a fait plaisir et peur en même temps.

Plaisir du fait que ça me donne des idées pour mettre de la chair autour de l'os de ce texte. Oui oui, ce schéma me dérange encore.

Plaisir, car grâce aux liens de M. Guité j'ai trouvé cette page qui présente des outils d'apprentissage. Je crois que je ferai l'exercice d'expliciter les miens.

Peur, car il débute son billet avec une vérité qui aurait dû changer avec la ré... le renouveau pédagogique. Les formateurs (dont je fais partie) n'ont pas changé leur approche. Ou si peu.

Il y a aussi cette page qui offre à un apprenant réseauté «débutant» de se lancer dans la construction de ses outils d'apprentissage. À première vue, je crois que je devrais peut être faire quelque chose de semblable dans le cadre de mon travail. À suivre...

Au travail, ou plutôt à l'apprentissage.


L'intégration des TIC et le RÉCIT

Gilles entreprend une réflexion très intéressante. Je dirais même essentielle. Martin a débuté ses réponses ici.

Je n'ai pas le choix de tenter de répondre aux question de Gilles, car elles sont nécessaires pour mon travail.

J'espère que d'autres suivront car le RÉCIT en a réellement besoin.


Un blogue pour le renouveau pédagogique

Un nouveau blogue (je suis un peu en retard) où vous pourrez trouver des gens qui sont positifs (ce que ne les empêchent pas d'être critiques quand même) face au renouveau pédagogique.

Réseau pour l'avancement de l'éducation au Québec

Je vais suivre de près ce blogue.


C'est ben clair

C'est ben clair que ce billet de Gilles a été interprété par certains lecteurs. Je laisse Gilles remettre les choses en perspective. Édition: Voici la réponse de Gilles.

C'est ben clair que j'ai une opinion sur les TIC. Ça ne veut pas dire que je veux avoir raison.

C'est ben clair que certaines personnes aimeraient que toutes les évaluations de la situation des TIC dans les classes soient positives. Pas besoin d'être un docteur en évaluaiton pour voir que les TIC ne sont pas très populaires en apprentissage. Il faut juste se promener dans les écoles et regarder dans les classes.

C'est ben clair qu'en ne questionnant pas ce qui se fait avec les TIC, on n'aura pas de «mauvaises» réponses. Je me questionne d'ailleurs sur mes formations qui sont ouvertes à tous. Cependant, seuls les enseignants désirant (je ne peux pas obliger les gens) être accompagnés dans leur développement de la compétence TIC sont présents et actifs.

C'est ben clair qu'on ne comprend pas la compétence TIC tous de la même façon. Utiliser et intégrer les TIC sont parfois utilisés comme synonymes. Dans ce cas, un travail sur le fond est nécessaire avant d'aller plus loin.

C'est ben clair que la compétence TIC n'est pas un concept statique, il évolue au même titre que les TIC. Les TIC d'il y a 10 ans ne sont peut être pas les meilleures TIC pour répondre aux besoins d'aujourd'hui.

C'est ben clair que ce n'est pas l'outil qui est important, mais bien ce qu'on en fait. De là, la pédagogie avant la technologie. Ce qui ne veut pas dire qu'on doive tout faire avec un seul outil X.

C'est ben clair que les outils TIC n'ont pas tous le même potentiel pédagogique pour le développement de compétences. Résoudre des problèmes de mathématique avec un éditeur de texte, est plus compliqué qu'avec Geonext par exemple.

C'est ben clair que, comme enseignant, on a à développer les compétences du programme de formation, non pas former sur un logiciel X (qui peut être fait dans un cours à option par exemple) qui sera peut être utilisé dans le futur emploi de l'élève. Sinon, la liste des apprentissages viendrait d'être allongée un ti-peu.

C'est ben clair que d'essayer de faire les choses autrement que durant les dernières 10 années peut causer des maux de têtes. Mais si on continue dans la même veine, qu'est-ce qui changera? Je vois mon travail comme un outil que la société s'est donné pour faire bouger les choses. Si plusieurs éléments sont en mouvement, il sera peut être plus facle de déterminer lesquels sont dans une direction porteuse?

C'est ben clair qu'on peut prendre des phrases ici et là et leur faire dire plein de choses et que tout le monde a le droit à ses opinions. Le respect est alors, selon moi, le plus important quand le but est de construire.


Un collectif pour réussir la réforme

M. Mario Asselin m'a fait connaitre le site Réussir la réfome qui est un contre poids aux groupes qui veulent l'arrêt de la réforme.

Un site à suivre et à faire connaitre.


Mon père est plus fort que le tien

Le billet de M. Robert Viau (pour son retour) m'a motivé à écrire ce billet. Car moi aussi je deviens las des débats où les intervenants utilisent les même mots mais se les représentent de différentes façons. Afin d'aider à la lecture de mes anciens et de mes futurs billets, voici un petit glossaire (non exhaustif et très synthétique) personnel. Vraiment personnel (même si Gilles a été mon 1er lecteur/commentateur).

Ce billet reste ouvert car selon mes relectures et les commentaires, des ajouts peuvent être faits. Utilisez les commentaires pour les demandes spéciales ;o)

Bulletin
Bulletin en cours de cycle: Photo (servant à communiquer avec, entre autre, les parents) de l'élève prise à un moment précis. Si la photo est claire (non floue), on peut y trouver des pistes sur comment aider l'élève à s'améliorer. Et aider l'élève, ça ne veut pas dire que comme il est en haut de la moyenne que ça va bien. Ou encore: continue mon grand!

Bulletin en fin de cycle (merci Gilles): Communication officielle indiquant le niveau atteint par les élèves dans toutes les compétences. Au secondaire, l'outil utilisé pour situer l'élève est les échelles de niveau de compétence.


Compétence
Je prends cette phrase de Gilles:

La compétence, c'est être capable de se débrouiller avec des connaissances, et entre autres, être capable de s'ajouter des connaissances, et, surtout, de reconnaître qu'on doive s'en rajouter et de trouver de bons moyens pour le faire.

Ici le terme «connaissance» inclus les savoirs déclaratifs et les savoirs procéduraux (savoir-faire).


Différenciation
Malgré l'unicité de l'élève, il peut apporter/exploiter ses forces lors de la situation d'apprentissage. L'apprenant n'a pas à faire (tout) comme on lui dit de faire. L'enseignant peut alors cibler (il est difficile de voir des besoins dans un groupe qui prend des notes) les besoins particuliers de ses élèves et agir (sur l'individu) en conséquence.


Domaines généraux de formation
Partie du programme de formation qui permet, entre autre, de trouver un lien entre la vie «réelle» (en opposition au monde artificiel souvent créé dans l'école) et les apprentissages à réalisés. Ils sont également des apprentissages commun aux disciplines.

C'est dans les domaines généraux de formation que se situe les intentions d'apprentissages. Ex. «Situation d'apprentissage» = La terre étouffe. On peut gérer cette SA en fonction des MÉDIAS (comment il est traité par la tv,), Santé et bien-être (en quoi le réchauffement risque de nous causer des problèmes de santé), Entrepreneuriat (quels sont les métiers qui étudient le réchauffement...) etc. (Merci encore Gilles)


Évaluation
Action (durant une situation d'apprentissage et d'évaluation) qui permet à un enseignant/apprenant de porter un diagnostique sur les apprentissages de l'apprenant pour l'aider à «avancer». Les type d'actions sont nombreux: questions directes, autoévaluation, questionnaire, suivi d'un portfolio, etc. Ces actions se posent à tous les moments de l'apprentissage. Lors d'une situation d'évaluation (qui est diffrent d'un test de 75 minutes), on évalue, entre autre, l'autonomie de l'élève face à un nouveau (ou des) défi.


Formation
Moment offert aux enseignants pour développer (ils sont donc en action) leurs compétences, pour (co)créer des situations d'apprentissage, échanger avec d'autres enseignants, s'approprier divers outils pédagogiques (comme les TIC ou autres), etc.


Intégration des TIC
Permettre à l'apprenant d'exploiter des technologies de l'information (adéquates et bien exploitées) et de la communication dans son «projet» (voir plus bas pour une définition de projet).


Paradigme apprentissage vs enseignement
Un vieux document sous forme de tableau résume très bien ma conception.

  Accent mis sur la construction de connaissances  Accent mis sur l'enseignement 
Activités de la classe 
  • À partir de l'élève
  • Relations interactives  
  • À partir de projets, de recherche ou de situations problématiques
  • À partir de l'enseignant
  • Relations didactiques 
  • Fréquence élevée d'activités d'exercisation
Rôles de l'enseignant 
  • Toujours un collaborateur 
  • Toujours un médiateur 
  • Parfois un apprenant 
  • Toujours un expert 
  • Toujours un transmetteur d'informations 
  • Détenteur du «savoir»
Rôles de l'élève 
  • Un «constructeur actif» de connaissances
  • Un collaborateur 
  • Parfois un expert 
  • Une personne qui écoute (récepteur passif) 
  • Toujours un apprenant 
Accent en enseignement 
  • Développement de compétences
  • Création de relations 
  • Réponses à des questions complexes 
  • Acquisition de connaissances
  • Mémorisation 
  • Insistance sur les informations brutes 
  • Développement d'automatisme
Conception de l'apprentissage 
  • Transformation d'informations en connaissances viables 
  • Accumulation d'informations et de connaissances
  • Association des connaissances les unes aux autres
Preuve de réussite 
  • Qualité de la compréhension et des connaissances construites 
  • Qualité des compétences développées
  • Transférabilité des apprentissages
  • Quantité d'informations retenues 
Évaluation 
  • En référence aux compétences développées 
  • Portfolios 
  • En référence aux connaissances 
  • Tests exigeant des réponses brèves 
Attitudes attendues de la part des élèves 
  • Travail en coopération (entraide)
  • Relations d'interdépendance
  • Individualisme
  • Relations de compétition


Caractéristiques d'environnements pédagogiques axés sur la construction de connaissances et d'environnements pédagogiques axés sur l'enseignement.  [Figure traduite et adaptée de Dwyer (1994)]



Placer l'élève au centre de ses apprentissages
Donner du «pouvoir» à l'élève sur différents aspects de la situation d'apprentissage, comme les outils à utiliser pour construire (je n'ai pas écrit transcrire) ses notes de cours, par quoi commencer (lire, explorer le matériel/ressources, discuter avec ses coéquipiers...) lors d'une situation d'apprentissage, quel type de production sera réalisé, etc.


Projet
Tiré de Antidote:

Ce que l’on a l’intention de faire, ce que l’on veut atteindre. Un projet chimérique, irréalisable, insensé. Projet administratif, économique, politique. Un projet secret. Faire des projets. Ébaucher, concevoir un projet. Caresser, mûrir, nourrir un projet. Dévoiler ses projets. Avoir un projet.



Programme de formation
Principal (et possèdant un poids légal) outil pour un enseignant. On y retrouve ce que l'apprenant doit développer au cours des différents cycles, des pistes pour l'enseignant sur des méthodes à utiliser pour favoriser ce développement chez l'apprenant, des indicateurs aidant l'enseignant à situer l'apprenant, etc.


Réforme
Projet de notre société pour mettre à jour le système d'éducation afin de mieux préparer nos enfants à vivre dans notre temps.

Ha oui! Le titre du billet. Je faisais référence à mon curé de paroisse qui est meilleur que le vôtre :o)

En passant, le site «Jasons réforme» offre encore et toujours de bonnes questions/explications.


Nostalgie de jadis naguère

27000, un gros nombre n'est-ce pas? Suite à cette nouvelle je me suis posé ces questions.

Être contre un bulletin trop compliqué à comprendre, est-ce être contre le renouveau pédagogique?

Être contre l'absence de «recette» évaluative, est-ce être contre le renouveau pédagogique?

Être contre le manque de formation de qualité pour mieux comprendre et appliquer une pédagogie basée sur le développement de compétences, est-ce être contre le renouveau pédagogique?

Être pour que les élèves construisent des «savoirs», est-ce être contre le renouveau pédagogique?

Être pour une amélioration de la qualité de la langue chez les élèves, est-ce être contre le renouveau pédagogique?

Être contre ... est-ce être contre le renouveau pédagogique?

De plus, pour que le renouveau pédagogique puisse causer des problèmes irréparables, encore faudrait-il qu'il soit appliqué, non? Ce n'est pas parce que le bulletin d'une école a changé de forme que l'on applique la «réforme».

Merci aux médias qui prennent le temps d'aller voir les gens qui sont pour la suite, et une certaine amélioration quand même, de ce renouveau car il y en a. Le problème est qu'on tente de créer un «omerta» autour de celles et ceux qui apprécient ce changement. J'espère que mon syndicat me demandera mon point de vue avant de prendre position officiellement pour ou contre le renouveau pédagogique.

Je me demande si les médecins sont nostalgiques du bon vieux temps?


Un peu de positif en ce dimanche matin

Après la lecture de ce billet de M. Roux j'ai voulu lui répondre dans les commentaires. Mais comme la réponse est un peu longue j'en ai fait un billet.

Bonjour M. Roux.

Merci de ce billet très intéresant. Je dois dire qu'il m'a fait un grand bien en ce dimanche matin ;o)

Or, il n’est écrit nulle part dans le Programme de formation de l’École québécoise que les intervenants en éducation doivent s’en tenir à une forme unique d’enseignement, pas plus qu’il n’est écrit qu’une de ces formes est supérieure à une autre.

Voilà un aspect qui a été très mal compris (peut être mal expliqué aussi) je crois. Le programme de formation offre la possibilité d'ouvrir sa pédagogie sur plusieurs approches selon les besoins/contraintes. Je crois que chaque enseignant peut choisir le «comment» il abordera tel sujet. Ce n'est pas le programme qui le détermine. Ce qui change par rapport à l'ancien programme est que l'on pouvait atteindre les «objectifs et sous-objectifs et sous-sous-objectifs» en utilisant que l'enseignement explicite. Ce qui n'est plus possible dans un contexte de compétences. Ceci ne veut pas dire par contre que l'enseignement explicite est évacué. Seulement qu'on doit varier nos stratégies pour parvenir à l'atteinte des buts du programme de formation d'aujourd'hui (il faut noter que la société et ses exigences ont bien changé depuis 30 ans).

Pour ce qui est de l'importance que j'accorde aux diverses critiques du renouveau pédagogique, j'accorde beaucoup de valeur aux paroles de profs qui disent ne plus vouloir revenir en arrière après avoir «goûté» à cette souplesse pédagogique. Est-ce que les dénigreurs féroces ont essayé d'enseigner différemment où ils se basent uniquement sur des études choisies?

Question: est-ce que les effets à long terme de l'ancien programme ont été documentés? Est-ce que dans notre société d'aujourd'hui la seule connaissance du tableau périodique des éléments (par exemple) est suffisant pour devenir un citoyen pouvant prendre des décisions éclairées dans des sujets scientifiques comme l'énergie nucléaire? Ma réponse est non. Selon moi, l'îlot de rationalité (Gérard Fourez) s'approche plus de ce qui faut développer chez les élèves. Et cet îlot est très difficilement atteignable avec une seule approche pédagogique (enseignement explicite ou pédagogie du projet).

Bon assez... je te remercie encore de ce billet André.


Ça sent la fin d'année

Une autre fin d'année scolaire pour moi. Je suis chanceux, je n'ai pas hâte à mes vacances (sauf pour passer plus de temps avec ma famille) car, bien que fatigué, j'ai plein de projets en tête.

Ce qui marque la présente fin d'année est peut être tout ce qui se dit/écrit à propos de la réforme, vous savez cette bibitte que «personne» n'a choisie, qui a été construite par les personnages incompétents, qui sacrifiera des milliers d'enfants, qui nous oblige à enseigner avec une seule approche pédagogique, qui élimine la nécessité des connaissances, qui marche pas quoi...

Je dois avouer que si je compare tout ce qui a été écrit/dit sur le sujet avec ce qui a été réalisé (enfin de ce que j'ai vu) en classe cette année, je préfère ll'action à la parole. Non pas que je ne veux pas débattre sur la réforme, mais rien de vaut de travailler avec des gens à s'approprier le programme et à le vivre en classe d'une façon qui leur convienne (avec leur valeurs, leurs forces, leurs compétences...). Et c'est dans ce contact avec le milieu actif que je puise ma motivation à continuer. Car à lire des textes de trolls et à s'imaginer qu'ils sont nombreux ça pourrait décourager son homme.

Ceci dit, je suis parfaitement conscient que tout changement ne peut avoir bonne presse. Ce qui me fait peur par contre ce sont les politiciens qui eux n'aime pas la mauvaise presse :o(

Note à moi: relire ces textes pour me remettre dans le bain après 5 belles semaines de vacances déconnectées (je l'espère):

Deux textes positifs sur la réforme, ça change:

Billets, plutôt ciniques, où j'exprime mon incrompréhension de certains points de vue:

Un projet auquel je participerai dès le début de la prochaine année scolaire. Un projet 100% réforme:

Des billets à traiter:

Un sourire:

Un rappel:

Critiques et solutions:

Il est important de se poser la question:


Sacrifier des élèves

Dans ce billet que je trouvais fort en ti-péché le fait qu'on puisse affirmer que la réforme était en train de SACRIFIER des élèves. Et bien, je l'ai encore lu dans une de mes rares lectures des mails sur une liste de diffusion quelconque.

1) Je cherche encore cette fameuse école qui applique le programme de formation à 100% depuis assez longtemps pour pouvoir affirmer que ce programme neutralise nos élèves.

2) Avec un peu de mauvaise volonté ne pourrait-on pas affirmer que l'ancien programme sacrifiait 50% des garçons? et un bon % de filles.

3) Est-ce que l'école est LA source de toutes les réussites de nos élèves? Pour moi, le milieu familiale est majoritaire la-dessus. Et sur les échecs aussi. Mais ça, c'est pas sexy à planter des familles.

4) Quelle sera la réponse de ces «trolls» lorsqu'un article affirmera que grâce à la réforme on a réussi à améliorer quelque chose? Qu'il est trop tôt pour faire une telle évaluation? Que les profs de ces élèves n'appliquaient pas le programme? Que c'est pas vrai pour tous les milieux? Blablabla...

Je me répète: la réforme n'est pas parfaite. Le programme de formation n'est pas parfait. Le processus d'implantation/formation n'est pas parfait. Mais on est ailleurs que de ce que j'ai décrit ici. Et comme le programme de formation est très ouvert, travaillions ensemble à l'appliquer comme des professionnels plutôt que de tout décrier.


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