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Renouveau pédagogique

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Y en aura pas de facile

Lors de ma petite lecture de quotidiens de ce matin j'ai eu un brin de tristesse (oui oui, tristesse) en lisant l'article «Le PQ veut écarter la réforme scolaire» de la page A11 de «La Presse».

Bon, pas de panique, mais la tristesse est encore présente, ce n'est qu'en discussion au conseil national du parti. Voici mon interprétation de l'article:

  • Retour à la bonne vieille mémorisation des connaissances, c'est important de savoir la date de la Saint-Jean.
  • Retour au bon vieux % sur les bulletins, ça en dit tellement plus sur les forces de nos enfants.
  • Ajout d'heures de présence à l'école, empilons plus et plus longtemps.
  • Faisons un palmarès des écoles, ça va les motiver à en faire plus (de tricheries peut être).
  • Augmentons la difficulté des examens de fin d'année, ça va motiver les élèves.

Ça sent les élections à plein nez. On veut aller chercher les profs qui ont subit (comme moi) la loi 142 et qui ne veulent pas de changement. Si au moins on voulait retourner en arrière pour aider les élèves à mieux préparer leur avenir. Mais non, on le ferait pour huiler la roue qui grince.

Pas grave, j'ai encore de beaux projets en devenir dont un qui s'enrichira lundi AM: météo.


un sourire en coin

Il ne se passe pas une semaine sans que quelqu'un de mon entourage (ou les médias) écorche la réfor... oups... le renouveau pédagogique. Pour de multiples raisons on veut croire que ces changements n'étaient pas nécessaires, que tout allait bien. Plus encore, que nous allons SACRIFIER toute une génération! Fort en ti-péché.

Voilà que ce matin je reçois un mail de Gilles avec un lien vers un article qui a mis un sourire en coin dans mon visage. GROS COMME ÇA :oD

Le plus cool est que c'est un prof qui l'a écrit, pas un CP (ou pire un animateur RÉCIT) ni une direction d'école, ces méchants vendeurs de réforme, non non un prof!

M. Nicolas Faucher merci pour ce texte.

Mise à jour: LaFouine et Patrick Giroux en ont fait mention avant moi.


Bonne question M. Asselin!

M. Mario Asselin a écrit un billet très intéressant ici. Les commentaires sont également à lire.

J'aime beaucoup la question de M. Asselin: «À qui profite le désordre que plusieurs entretiennent au sujet du renouveau pédagogique?»

Les lignes qui suivent ne sont pas le fruit d'une recherche scientifique, mais seulement d'observations personnelles dans le cadre de mon travail (et de mes années d'enseignement).

Est-ce que le désorde profite:

  • À l'enseignant qui depuis plusieurs années faisait autrement (que ce qu'il a toujours vu faire) dans sa classe, qui donnait un peu de place aux élèves pour découvrir leurs forces et défis OU au prof qui reprend année aprés année ses mêmes notes de cours avec les mêmes exercices photocopiés un an à l'avance?
  • À l'«universitaire» défenseur du socio-constructivisme, qui publie des travaux en lien avec cette théorie OU à celui qui n'a pas été retenu (ni ses travaux) par l'équipe de rédacteur du programme de formation?
  • À l'élève qui veut sortir de l'école avec suffisamment de connaissances/habilités/compétences/savoirs... afin de se trouver/choisir un job à la hauteur de ses attentes OU à celui qui veut trouver, par tous les moyens possibles, comment se glisser tel un serpent entre les mailles du système et sortir avec son diplôme sans effort.
  • Au CP qui aime travailler avec les profs et les élèves dans la classe sur des projets déstabilisants pour tous dans un but d'apprentissages (pour tous) OU celui qui veut lire et citer tous les auteurs qui pensent comme lui?
  • À l'animateur RÉCIT qui est prêt à mettre du temps pour s'approprier des dizaines de logiciels ou technologies afin de pouvoir mieux orienter les profs dans leurs choix de TIC (selon leurs besoins) OU celui qui veut tout faire avec les 3 mêmes outils qu'il connait parfaitement?
  • À la direction d'école qui veut jouer son rôle de leader pédagogique et prendre en main la période de transition entre l'ancien programme et le nouveau, qui soutien/motive ses profs en leur donnant les moyens (pas juste financier) de réaliser leurs projets OU celui qui veut continuer comme il faisait avant sans trop causer de remous dans son école?
  • Aux médias qui veulent faire un portrait fidèle de ce qui devrait se passer dans une clase qui prépare adéquatement ses élèves OU aux médias qui veulent vendre de la détresse?
  • Aux parents qui, en s'informant avec d'autres sources que les médias, ont réussi à se faire une tête sur le renouveau pédagogique et comprendre que ce que veut faire l'école d'aujourd'hui est pour le bien de leur enfant OU celui qui ne voit l'école comme un endroit qu'il déteste depuis l'âge de 6 ans?

Notre société, depuis près de 10 ans, veut mettre à jour l'éducation afin de mieux répondre aux exigences de demain (en fait ce sont des besoins d'aujourd'hui). Est-ce qu'on a la meilleur façon d'y parvenir? Non, car il n'y a pas de méthodes parfaites quand il s'agit de changements de société, mais ce n'est pas en monopolisant les médias, listes de diffusions, blogues, avec du désordre que ça va améliorer les choses.

J'ai hâte de voir si mon billet sera attaqué par le désordre? J'ai hâte de mettre des noms sur ce désordre ;o)


Simulation d'implantation du PDFEQ

Je viens de lire dans le dernier Spectre (Volume 34, numéro 4, avril-mai 2005) un article de Patrice Potvin et Éric Dionne, deux personnes que je respecte beaucoup.

Le titre: Résultats préliminaires d'une simulation d'implantation du nouveau programme de science et technologie (premier cycle) dans une école secondaire. Ouf! ;o)

Je ne fais pas ici un résumé mais des commentaires sur certains éléments de l'article.

1) Dans la méthode utilisée pour la recherche (car c'est une recherche universitaire) on propose «une formule d'implantation basée sur un renouvellement progressif des partiques.» Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas particulièrement chaud à la démarche des petits pas. Donc, ne pas faire sauter les profs (qui semblent avoir une belle liberté d'action) à deux pieds dans les nouvelles pratiques peut occasionner certains problèmes.

2) Les auteurs constatent qu'à «l'amorce de cette année d'implantation il n'y a pas consensus sur les fondements et la nature de la réforme...». Est-ce qu'il n'y a pas eu de formations sur le sujet dans leur CS? Les «trois premiers chapitres» n'ont-ils pas été présentés aux équipes écoles? On doit absolument (les auteurs le notent aussi) avoir une vision commune de la réforme et de la façon dont on va aborder les changements.

3) Les auteurs observent «qu'aucun contenu habituel n'a été abandonné» pour faire place aux nouvelles situations d'apprentissage! Ceci est peut être un effet du point 1. Il aurait peut être été payant de construire des SAO autour du contenu que les profs voulaient «voir». Bien que je trouve un peu bizarre que des profs de permier cycle soit autant collés sur ce contenu. Que reste-t-il après les vacances du contenu que le prof a vu l'année précédente dans sa classe?

4) Les auteurs constatent que le travail d'équipe entre profs n'est pas une chose simple. Serait-ce une compétence à développer par les profs en premier lieu? Je me pose la question à propos de toutes les compétences. Puis-je évaluer (lire aider) le développement d'une compétence X chez l'apprenant si je ne suis pas minimalement compétent (dans cette compétence) moi-même?

5) À propos des SA construites, les auteurs nous signalent que «les premiers essais en classe ont donnée lieu à des situations d'enseignement assez pénibles qui révèlent, aux dires des enseignants, des lacunes décourageantes chez les élèves.» Ceci est tout à fait normal car les élèves doivent avoir du temps pour s'adapter aux nouvelles approches/exigences. Ça ne se fait pas en disant pomme! Je crois que c'est un autre effet du point 1. On doit compter au moins 1 mois (à ne vivre que des SAO) pour les éléments de bases comme la gestion du temps et du travail d'équipe. Et au moins 2-3 mois pour devenir efficace dans les tâches.

Un très bon texte qui m'a aider à comprendre bien des détails. Merci Patrice et Éric.


Réforme ne rime pas avec report!

Suite à des lectures (Benoit (et les autres cités par Benoit), Remolino et Mario (et les nombreux commentaires) un sourire est né sur mon visage fatigué.

Un sourire!?! Oui, voici pourquoi:

1) Pensée magique! En effet, avec des $$ on serait dont compétent.
2) La réponse de mes anciens professeurs est d'une rigueur que j'aimerais retrouver plus souvent lorsqu'on écrit sur la réforme.
3) Tout le monde veut plus de temps pour faire plus de choses. Mais peu de gens exploitent leur temps efficacement. Je vais plus loin que Benoit, ça fait 5 ans qu'on sait qu'il y aura une réforme au secondaire (même si certains croient qu'elle n'arrivera pas). En 2000 je (et d'autres) faisais déjà des expériences (non parfaites) en classe de sciences 4e secondaire. Ce qui m'a permis de me former et de mieux comprendre les nouvelles approches (qui n'ont plus grand chose de nouveau d'ailleurs).
4) Tous les enseignants qui ont fait le saut (je ne parle pas de petits pas ici) ne reviendraient pas en arrière. Ils s'amusent et leurs élèves aussi. Ceux qui attendent (et qui veulent repousser encore) perdent du bon temps ;o)
5) Prouver que les approches (qui sont multiples) pédagogiques encouragées par le programme sont bonnes n'a pas déjà été fait? Je ne suis pas un expert des sources, mais plusieurs recherches nous donnent des réponses fort positives. On apprend mieux les connaissances (plus durables et réinvestissables) dans une approche socioconstructiviste qu'avec une approche béhavioriste (j'exagère peut être un peu ;o) ).

En fin de compte, ça ma fait du bien de sourir. Je vais donc continuer à penser qu'il y a plus de gens qui sont prêt à faire l'effort de sauter que de gens qui sont à deux pieds sur le freins (et les deux mains sur le frein à mains).


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